Lectures buissonnières

rencontre03marsAller voir un peu hors des murs du lycée, c’est toujours intéressant pour les élèves… et quand cela se conjugue avec la rencontre d’un auteur un peu atypique c’est encore mieux…
Les élèves de TPRO2 du Lycée de Chamalières ont en effet, interrogé Hervé Le Tellier, mardi 3 mars, au Lycée professionnel Marie Laurençin à propos de son ouvrage Joconde jusqu’à cent et plus si affinités.

Cette forme d’écriture les avait, au départ, un peu étonnés dans la mesure où contrairement aux autres livres de la sélection, il ne s’agissait pas d’un roman mais plutôt d’exercices de style à la Raymond Queneau sur un des tableaux les plus connus en France : la Joconde.
Ainsi ont-ils pu lire le point de vue du restaurateur touristique, du sommelier, des Tontons Flingueurs, de Jacques Prévert, de Guillaume Musso sur ce tableau…

Et les questions n’ont pas manqué de fuser sur cette écriture, ce jeu avec les mots. « Même si mes écrits sont sous le signe du jeu, les textes sont le fruit d’un travail important. Et il ne peut y avoir écriture sans travail. Je me consacre entièrement à l’écriture depuis 1992. » leur-a-t-il notamment expliqué.
« Ecrire ne peut se faire que sous contraintes » a ajouté ce membre de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle) avant de préciser :
« L’Oulipo a été créé en 1960 .Il comprend quarante membres recrutés dans le monde entier dont vingt excusés pour cause de décès. Pour y rentrer, il faut remplir deux conditions : ne jamais demander à y rentrer et être coopté à l’unanimité des vivants. Bien plus, on ne peut plus ensuite quitter ce groupe à moins de se suicider devant huissier. Le but du groupe est non seulement l’écriture de textes sous contraintes mais aussi le recensement de textes. »

Une fois sa conception de l’écriture expliquée, Hervé Le Tellier a pu répondre à des questions plus classiques sur ses auteurs préférés : Romain Gary et Italo Calvino pour les romanciers ; William Auden, Robert Desnos, Raymond Queneau et Dylan Thomas pour la poésie. Bien entendu, ses autres activités ont aussi été évoquées (il participe à l’émission Des papous dans la tête sur France culture, et écrit un billet quotidien pour Le Monde. Les élèves lui ont aussi demandé si un écrivain pouvait vivre de son écriture sans exercer un autre métier.
« Il faut vendre 15000 exemplaires d’un texte pour arriver à en vivre c’est-à- dire faire un best-seller mais les traductions aussi rapportent et bon an mal an, j’arrive à vivre de mon écriture. Pour la Joconde j’ai vendu 10000 exemplaires pour la première édition et autant pour la seconde. Certains de mes ouvrages doivent leur succès au fait que des chroniqueurs en aient parlé à la radio à des heures de grande écoute.»
Pour finir, il nous a livré deux citations approximatives de son ouvrage Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable, ou Mille réponses à la question, à quoi tu penses ? « Je pense que tous les champignons sont comestibles, certains une fois seulement. » Et «Les filles maigres comme des clous me rendent marteau.»

Prochaines étapes pour les élèves : le vote et le 5 mai la remise du prix à l’auteur primé par les élèves pour le prix Escales littéraires en Lycée Professionnel (organisé en partenariat avec le Transfo, le Rectorat avec le soutien financier du conseil régional, du Rotary et de l’association LIRA).

rencontre03mars

Pour en savoir plus : http://www.letransfo.fr/content/view/full/50288


Facebooktwitterredditpinterestlinkedintumblrmail