Conférence historique au lycée

miniLe Jeudi 9 Janvier 2014 de 14h30 à 16h les élèves des classes de Première générale du lycée de Chamalières ont assisté à une conférence sur le thème : Résistance (s) allemande (s) face au National-Socialisme
Cette conférence a été donnée par Thierry Feral, professeur honoraire d’allemand et spécialiste du National-Socialisme.
Elle fut organisée par les professeurs d’histoire des élèves de Première, Jany Bétizeau, Lisa Deynoux-Becker, Vincent Faisandier, Valérie Roux , Marilyne Dewavrin-Farry, professeur de géographie en BTS Tourisme et le professeur d’allemand, Agnès Dupré.
Elle a bien illustré les thèmes au programme abordés et en cours d’Histoire : Genèse et affirmation des régimes totalitaires et en cours d’allemand : Lieux et formes de pouvoirs.
La conférence fut introduite par Peter Steck, Inspecteur Pédagogique Régional d’Allemand.
Les 150 élèves ne sont restés insensibles à la prestation de Thierry Féral, qui à l’aide d’exemples, de citations a su les amener à prendre conscience que ce thème, qui a touché leur passé, reste présent encore aujourd’hui dans nos sociétés.

« Il s’est agit lors cette conférence d’ouvrir des pistes de réflexion sur ce que fut cette résistance allemande à Hitler, mais aussi inciter à se poser la question essentielle de savoir comment nous aurions agi voire comment nous agirions dans des circonstances similaires, c’est-à-dire face à un système comme celui qu’avait mis en place le régime nazi.
De fait, vu que « la chose » (das), comme l’appelle Brecht dans son épilogue à Arturo Ui, a été un jour possible, il n’est jamais exclu qu’elle puisse être à nouveau possible. En vérité, il faudrait être bien naïf pour penser que « la chose » serait d’un autre temps (les années trente/quarante) et d’un autre lieu (l’Allemagne). Il faudrait être bien présomptueux pour penser que nous sommes aujourd’hui immunisés contre « une telle chose » (so was), et il faudrait être bien peu mature pour dénier que, aujourd’hui, « le ventre est encore fécond d’où la chose fut éclose » (Der Schoß ist fruchtbar noch, aus dem das kroch)
À ce propos, il n’est jamais inutile de rappeler ce qu’écrivait en 1947 Camus en conclusion de La Peste : « Le docteur Rieux décida de rédiger le récit qui s’achève ici […]. Mais il savait que cette chronique ne pouvait pas être celle de la victoire définitive […]. Car il savait […] que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs, les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où la peste réveillerait ses rats… ».

Sartre avait excellemment posé le problème dans sa conférence d’octobre 1945 publiée ultérieurement sous le titre L’Existentialisme est un humanisme:
« Des hommes peuvent décider d’établir le fascisme, et les autres peuvent être assez lâches et désemparés pour les laisser faire; à ce moment-là, le fascisme sera la vérité humaine ».

Laisser-faire ou ne pas laisser-faire, se résigner ou s’opposer, accepter ou résister, c’est là que réside l’enjeu de l’avenir — avenir porteur de vie ou de mort, à chacun de choisir en sachant pertinemment que ne pas choisir, c’est encore choisir…

« Those who do not remember the past are condemned to relive it. »
« Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre. »
„ Die sich des Vergangenen nicht erinnern, sind dazu verurteilt, es noch einmal zu erleben. “
George Santayana

Extraits de l’introduction et de la conclusion, conférence de Thierry Feral au lycée de Chamalières, 9 Janvier 2013, lisible sur le site : http://www.quatrea.com/fichiers/FeralResistanceallemande.pdf

 


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